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IFCO 2275 - INTRODUCTION À L'HISTOIRE DE L'ART. Primitivismes : de Gauguin à Dada.

Type d'enseignement : Cours magistral seul

Semestre : Printemps 2017-2018

Nombre d'heures : 24

Langue d'enseignement : français

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Pré-requis

S'intéresser au monde artistique, avoir envie de le comprendre en lien avec les différents savoirs et pratiques en sciences humaines et sociales.

Descriptif du cours

Depuis le 19e siècle, hantés par l'âge d'or, les artistes occidentaux recherchent dans les arts « primitifs » une simplicité perdue. Ils renouvellent les canons de la beauté occidentale en ouvrant des fenêtres sur d'autres mondes : la Préhistoire, les arts populaires, les arts africains, océaniens ou d'Extrême-Orient. L'étude approfondie d'œuvres majeures nous donnera les clés pour comprendre cet élan primitiviste qui a touché le monde de l'art en son ensemble : les peintres, les sculpteurs mais aussi les collectionneurs, les critiques et les amateurs. De nombreux facteurs seront pris en considération, qui renvoient à l'histoire de l'art et du goût mais aussi à la politique, à la religion, au sacré, à l'anthropologie, à la philosophie, à la littérature, aux sciences, aux techniques, à l'économie, à la psychologie individuelle et collective.

Enseignants

BERTRAND DORLEAC, Laurence (Professeur des Universités à Sciences Po)

Format pédagogique

Cours magistral avec possibilité d'assister à des séances de tutorat assurées par Cécile Bargues, historienne de l'art.

Mode de validation

Deux travaux écrits dont les sujets seront donnés à l'avance et à faire chez soi. Le premier (30 % de l'évaluation) sera une analyse d'image. Le second (70% de l'évaluation) sera une réflexion fondée sur l'étude de différents documents visuels et de textes.

Charge de travail

Le travail réclame de s'organiser librement puisqu'il est à faire chez soi. La présence au cours magistral est vivement conseillée ainsi que les séances de tutorat.

Lectures principales demandées

  • Art in Theory, 2002 ; traduction française, Art en Théorie. Une anthologie de l'évolution des idées, 1900-2000, textes réunis et présentés par Charles Harrison et Paul Wood, Hazan, 2008.
  • HASKELL Francis, Rediscoveries in Art. Some Aspects of Taste, Phaidon, 1976, traduction française par R. Fohr, La Norme et le Caprice. Redécouvertes en art, Flammarion, 1986.
  • THÉVOZ Michel, L'Académisme et ses fantasmes, Éditions de Minuit, 1993
  • FLAM Jack, dir., Primitivism and Twentieth Century Art. A Documentary History, Berkeley, University of California Press, 2003.
  • Marianne ALPHANT et Pascale BOUHENIC, Un œil, une histoire, 9 films, 9 historiens de l'art : G. Didi-Huberman, G. Tiberghien, R. Krauss, M. Thévoz, V. Stoichita, M. Fried, S. Alpers, R. Recht, L. Bertrand Dorléac, Zadig Productions, 2015.

Plans de cours et bibliographies

Séance 1 et 2 : 31 janvier et 7 février

  • Introduction:  Qu'est-ce que le primitivisme ?

Séance 3 : Fernand Cormon, Caïn, 1880, huile sur toile,  400 X 700 cm, Musée d'Orsay.

  • Le goût de la préhistoire sera étudié en relation avec les découvertes des peintures rupestres chez un artiste friand d'épopée grandiose et de reconstitution historique. Faute d'informations scientifiques précises, Cormon fantasme, extrapole, exagère la lutte pour la vie dans le passé lointain des sociétés occidentales. 

Séance 4 : Claude Monet, Le bassin aux nymphéas, harmonie verte, 1899, 89,5 X 92,5 cm, Musée d'Orsay.

  • Claude Monet est l'un des premiers à se passionner pour les estampes japonaises que l'on voit à Paris, surtout à partir de 1867. Sans jamais aller au Japon, il connaît l'essentiel d'un art qu'il collectionne et qu'il aime pour ses libertés, sa légèreté profonde, sa simplicité, ses références à la flore, la clarté de ses tons, ses allusions au temps qui passe. 

Séance 5 : Paul Gauguin, Bois de la Maison du jouir, 1902, bas-relief, bois de séquoia polychrome, 284 X 732 cm, Musée d'Orsay.

  • Affamé d'ailleurs, Gauguin a passé sa vie à fuir l'Occident tout en conservant ses ambitions modernistes. Aux îles Marquises, il a décoré sa grande case sur pilotis en bois, palmes et bambous d'un ensemble de panneaux sculptés dans le séquoia à la taille directe. Son rêve d'un retour à l'âge d'or de l'humanité se lit dans chacune des inscriptions qui accompagnent les formes féminines.

Séance 6 : Charles Cordier, Capresse des colonies, 1861, buste en onyx et bronze patiné et doré sur piédouche en marbre cervelas rose, 96,5 X 54 X 28 cm, Musée d'Orsay.

  • Charles Cordier voulait imposer au Salon un genre nouveau, habité par la révolte contre l'esclavage et la révélation de l'anthropologie naissante. Son buste ethnographique doit être replacé dans un contexte colonial où la figure des Africaines s'inspire à la fois de missions et d'une imagerie photographique au service de la recherche scientifique mais aussi d'une machine à fantasmer les peuples étrangers depuis Paris. 

Séance 7 : Edvard Munch, Nuit d'été à Asgardstrand, 1904, huile sur toile, 99 X 103,5 cm, Musée d'Orsay, Paris.

  • Le Norvégien Edvard Munch fait partie des artistes qui imposent un type de peinture violemment expressive. Même un simple paysage de lui accuse l'étrangeté du monde et sa sauvagerie par ses formes et ses couleurs crues. Son goût du cinéma l'encourage aussi à oser des cadrages et des mouvements inédits.

Séance 8 : Pablo Picasso, Les Demoiselles d'Avignon, 1907, MOMA, New York.

  • Picasso peint en 1907 cette œuvre aujourd'hui reconnue comme un laboratoire moderne inspiré par les arts premiers populaires, ibériques et africains. Si la réception du tableau est calamiteuse, c'est qu'il rebat violemment les cartes de l'histoire de l'art. Cette révolution symbolique doit s'inscrire dans un contexte individuel mais aussi historique, politique, médical…

Séance 9 : Natalia Gontcharova, La lampe électrique, 1913, huile sur toile, 105 X 81,5 cm, Musée national d'art moderne.

  • Cette œuvre, exposée dès 1914 à la galerie parisienne de Paul Guillaume traduit la sensation d'un éblouissement par les formes et la couleur violentes. Au courant des expérimentations des avant-gardes européennes, Natalia Gontcharova semble s'inspirer de la vision anthropomorphe du poète Ilya Zdanevitch (Iliazd) qui évoque en 1913 « la douleur d'une lampe électrique qui souffre avec des sursauts spasmodiques ».

Séance 10 : Sophie Taueber, Motifs abstraits (masques), 1917, gouache sur papier, 34 X 24 cm, Remagen-Rolandswerth/Berlin, Stiftung Arp.

  • Ces motifs abstraits figurent à la Première exposition dada. Cubistes. Art nègre, à Zurich, à la galerie Corray, en 1917, qui réunit pour la première fois des œuvres dadaïstes, cubistes et des objets extra-occidentaux, sans faire de différence entre les genres.  Dans le Manifeste de 1918, un an plus tard, Tristan Tzara fera de Dada « l'enseigne de l'abstraction ».  Il nous faudra saisir le sens de cette absence de figuration chez l'artiste dadaïste Sophie Taueber, qui joue de la couleur et des signes, mélangeant les différentes cultures, occidentale et non-occidentale.

Séance 11 : Hannah Höch, Mit Mütze (Avec casquette), 1924, Collage, Berlinische Galerie, Berlin.

  • Dans ce photomontage, ce masque baoulé est recyclé par Hannah Höch qui l'augmente d'une casquette d'uniforme en rappel de la Grande Guerre. Une façon pour l'artiste Dada de mélanger des images et des mondes, la violence de guerre et le colonialisme.

Séance 12 : Les étudiants sur la Scène

  • En relation avec le sujet du cours, cette dernière séance est consacrée à la création par les étudiants : lecture de textes, poèmes, musique, danse, théâtre, etc.