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OAFP 5145 - Exception culturelle, un outil de régulation précieux dans la mondialisation (L')

Type d'enseignement : Enseignement électif

Semestre : Printemps 2017-2018

Nombre d'heures : 24

Langue d'enseignement : français

Pré-requis

Intérêt pour la politique culturelle en France et en Europe, et pour les négociations internationales. Suivi de l'actualité de la politique culturelle et des discussions européennes sur le droit d'auteur, sur les accords de libre-échange. Connaissance du rapport du Ministère de la Culture (décembre 2013) sur l'impact économique de la culture en France (IGAC/IGF).

Descriptif du cours

L'exception culturelle a été l'un des grands combats de la France depuis l'après-Guerre, mais cette notion est pourtant souvent floue dans l'opinion publique et auprès de nos partenaires internationaux. Elle est souvent considérée, au choix, comme un concept peu clair qui signifierait que la culture française est exceptionnelle, comme un équivalent culturel du protectionnisme ou du nationalisme, ou, pire encore, comme la légitimation de privilèges indus dévolus au champ culturel. Pourtant l'exception culturelle est bien un concept de droit « dur » qui permet non seulement de développer des industries culturelles nationales (le cinéma français en est un exemple) mais aussi de promouvoir la diversité culturelle, valeur essentielle inscrite dans de nombreux traités multilatéraux (notamment l'Unesco et les traités européens). Faire financer la création par ceux qui la diffusent, et empêcher que la seule force du marché n'écrase les œuvres plus expérimentales, plus novatrices, plus exigeantes : tels sont les principes de l'exception culturelle. C'est un outil de régulation économique et de négociation internationale essentiel, les récents débats sur le TAFTA en 2013 l'ont montré, comme ceux de 1993 dans le cadre des accords du GATT. Enfin c'est une notion qui appartient à l'identité politique de la France, tous gouvernements confondus, mais qui est également soutenue par les acteurs du champ culturel partout en Europe et dans le monde. Les combats de l'exception culturelle ont ainsi valu à la France parmi ses plus beaux succès diplomatiques (GATT, TAFTA, CETA) et ils ont entraîné autour d'elle une adhésion forte des milieux culturels et politiques (notamment le Parlement européen) européens. Nous étudierons ainsi comment fonctionne l'exception culturelle, comment elle se décline dans différents domaines, et quelles ont été les grandes étapes de l'émergence de ce concept désormais intrinsèquement lié au modèle français. L'exception culturelle a fait la preuve de la capacité de la France à défendre un modèle original de développement économique de la culture qui ne soit pas synonyme d'économie administrée ou d'inflation normative ou fiscale et qui fonctionne bien avec des résultats extrêmement efficaces. On l'oublie souvent mais il ne s'agit pas d'un nationalisme de mauvais aloi puisque ces mécanismes permettent de défendre les artistes et créateurs de tous pays qui choisissent de travailler en France et que de nombreux pays cherchent à s'appuyer sur cet exemple pour défendre leur propre indépendance en matière de diversité culturelle. Il s'agit donc bien d'outils précis de régulation autant que d'une importance particulière accordée à la politique culturelle. L'enjeu aujourd'hui est l'adaptation de ces outils de l'exception culturelle à l'ère des grands acteurs du numérique, dont les tendances très monopolistiques font peser une menace sur le financement de la diversité culturelle.

Enseignants

FILIPPETTI, Aurélie (Professeure agrégée)

Format pédagogique

Les séances comprendront 12 cours de 2 heures avec souvent des intervenants professionnels. Les étudiants devront préparer des questions et aller rechercher dans les archives des informations sur les sujets évoqués en cours.

Mode de validation

Présentation des intervenants ou des sujets évoqués dans chaque séance à partir d'un dossier de presse ou de recherches personnelles (25% de la note finale). Exposé sur un sujet choisi par chaque étudiant sur un dossier de politique culturelle ; 20 minutes. 75% de la note finale

Lectures principales demandées

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