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AHIS 27F10 - Récits, représentations et usages du passé

Type d'enseignement : Cours magistral et conférences

Semestre : Automne 2018-2019

Nombre d'heures : 48

Langue d'enseignement : français

Pré-requis

aucun

Descriptif du cours

L'histoire des historiens s'inscrit dans un panel de figurations et d'appropriations du passé. Elle s'en distingue tout en y faisant écho. L'approche scientifique, fondée sur une quête de vérité et d'objectivité, à partir de procédures et de règles d'administration de la preuve, coexiste avec une multitude de rapports sociaux et politiques au passé, qui n'ont cessé de se démultiplier au cours des trente dernières années. Les revendications mémorielles, les demandes de réparation, les constructions idéologiques, la réinvention des traditions nourrissent des discours nombreux et contradictoires sur le passé, qui empruntent des formes variées (littérature, cinéma, commémorations, collections, etc.). Le passé est un objet en partage, dont les usages sont au cœur des conflits politiques et sociaux à travers notamment l'extension du phénomène de concurrence victimaire. Tout l'enjeu de cet enseignement consiste à comprendre les logiques et les formes de ces divers usages, tout en délimitant la spécificité du savoir historique, de ses exigences et de ses objectifs, de son rôle possible dans le paysage actuel des guerres de mémoire.

Enseignants

DELALANDE, Nicolas J. (Associate Professor au Centre d'Histoire de Sciences Po)

Mode de validation

Aux 2 heures hebdomadaires de cours magistral s'ajoutent 2 heures de conférences de méthode (total de 48 h sur le semestre). L'évaluation s'appuiera sur une note de contrôle continu (2/3 de la note globale) et une note d'examen final (1/3 de la note globale). La note de contrôle continu est attribuée dans le cadre des conférences de méthode. Elle comprend : - une note de projet collectif qui consiste en une enquête préparée et réalisée tout au long du semestre par groupe de 3 à 5 étudiants, sur un cas précis de mise en récits du passé (enjeu mémoriel, controverse historiographique, usages sociaux du passé, muséographie, etc.) ; - une note de travail écrit individuel, qui prendra la forme d'un commentaire de documents ; - une note de participation. La note d'examen final est celle obtenue par les étudiants à l'épreuve écrite de fin de semestre. D'une durée de 3 heures, cette épreuve consiste en un commentaire écrit de documents, dont le sujet sera en lien avec les grandes problématiques du cours magistral. Y sera évaluée la capacité des étudiants à analyser des documents de nature variée (textes d'historiens, œuvres d'art, extraits de romans, pétitions, etc.), à distinguer diverses modalités de mises en récit du passé, et à mobiliser les lectures évoquées en cours magistral pour réfléchir aux usages pluriels du passé dans l'espace public.

Lectures principales demandées

Maryline Crivello, Patrick Garcia, Nicolas Offenstadt (dir.), Concurrence des passés, Aix-enProvence, Publications de l'université de Provence, 2006.

Lectures complémentaires demandées

  • Moses Finley, Mythe, mémoire, histoire : les usages du passé, tr. fr. par Jeannie Carlier et Yvonne Llavador, Paris, Flammarion, 1981.
  • Jack Goody, Le Vol de l'histoire. Comment l'Europe a imposé son récit au reste du monde, Paris, Gallimard, 2010 [2006
  • François Hartog, Les Régimes d'historicité, Présentisme et expérience du temps, Paris, « La librairie du XXIe siècle », Le Seuil, 2003.
  • François Hartog et Jacques Revel (dir.), Les Usages politiques du passé, Paris, « Enquêtes », Éditions de l'EHESS, 2001.
  • Eric Hobsbawm, Terence Ranger (dir.), L'Invention de la tradition, Paris, Amsterdam, 2006 [1983].
  • Ivan Jablonka, L'Histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Paris, « La Librairie du XXIe siècle », Paris, Le Seuil, 2014.
  • Philippe Joutard, Histoire et mémoire, conflits et alliances, Paris, La Découverte, 2013.