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IFCO 2445 - THEORIES, PRATIQUES ET TRANSFORMATIONS DES ORGANISATIONS CONTEMPORAINES

Type d'enseignement : Cours magistral seul

Semestre : Automne 2018-2019

Nombre d'heures : 24

Langue d'enseignement : français

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Pré-requis

aucun

Descriptif du cours

Les cent cinquante dernières années se sont en particulier traduites par une explosion du nombre et de la taille des organisations ainsi que par une complexification de leur forme et de leurs relations, dans le secteur public et dans le secteur privé : entreprises, administrations, agences, etc. Pour que ces organisations puissent mener à bien les activités publiques, associatives, ou marchandes qui les occupent, coordination et coopération de ceux et celles qui y participent sont essentielles. A ces fins de coordination et coopération, il est aujourd'hui d'usage de recourir a) au déploiement de technologies managériales (y compris dans l'administration), censées développer l'engagement et la motivation des membres de l'organisation, et b) à la conception de règles formelles, de procédures, de procès, et de dispositifs numériques et digitaux, visant à préciser, favoriser mais aussi cadrer la manière dont des individus doivent travailler et collaborer. Que nous enseignent cependant les travaux de recherche – en particulier de sociologie – qui se sont penchés sur les ressorts et dynamiques réelles qui président à la coordination et la coopération des membres des organisations contemporaines ? Ce cours a ainsi pour objectif d'aider à comprendre le fonctionnement des organisations (publiques et privées), de fournir des outils d'analyse qui permettent de les appréhender, d'étudier comment elles se transforment et peuvent être transformées, mais aussi comment elles interagissent entre elles. Nous ne considérerons pas les organisations comme des phénomènes naturels, mais comme le résultat de processus qui canalisent et ajustent les uns aux autres les comportements d'acteurs interdépendants ; lesquels comportements d'acteurs contribuent, réciproquement, à affecter ces modes de régulation. Le cours se propose : • de présenter des approches théoriques qui permettent d'éclairer le fonctionnement concret des processus d'organisation et de transformation des formes organisationnelles ; • de transmettre des modes de raisonnement qui fournissent une méthodologie pour l'action ; • et d'illustrer l'utilité et la pertinence de ce mode de raisonnement à la fois pour la compréhension du fonctionnement des organisations et pour l'analyse plus générale des difficultés et complexités de l'action collective dans les sociétés contemporaines. De manière plus précise, ce cours magistral présente et confronte différentes théories des organisations et des institutions avec le souci constant de montrer comment elles permettent d'analyser des situations organisationnelles concrètes. Une attention particulière est portée à l'école française de sociologie des organisations, dont le mode de raisonnement singulier, les principaux concepts et la démarche de recherche originale, seront extensivement exposés. Le caractère heuristique et empirique de cette approche très centrée sur les pratiques et les comportements concrets des acteurs sera éprouvé à l'occasion de deux études de cas. Quelques éléments de méthodologie seront présentés, et les apports et les limites de cette approche discutés et mis en perspective avec d'autres travaux majeurs de sociologie des organisations, en particulier avec ceux du néo-institutionnalisme. Enfin, les questions du leadership, de l'éthique, du changement organisationnel et de la transformation digitale seront abordées.

Enseignants

  • BERGERON, Henri (Chargé de recherche CSO, Sciences Po)
  • MOYAL, Anne C. (Doctorante)

Mode de validation

La note finale du cours se compose pour 35% de la note obtenue à mi-parcours au QCM, et pour 65% de la note obtenue pour la fiche de relecture. Le QCM aura lieu à mi-parcours et aura pour objectif d'évaluer le niveau d'acquisition des principaux concepts développés jusque-là en cours, ainsi que les spécificités du mode d'analyse présenté. La fiche de relecture sera rédigée par l'étudiant/e en cours de semestre. Le travail attendu de la part des étudiant/es doit être réalisé selon les modalités suivantes : 1. La fiche de relecture à remettre en fin de semestre est un travail personnel de réflexion sur un problème ou sur une question pratique à partir d'une relecture du cours magistral, des réflexions et travaux qui y sont menés et des textes indiqués dans la bibliographie. En un mot, cet effort de réflexion doit être réalisé à partir des acquis du cours. 2. Le thème choisi peut avoir été traité ou évoqué dans le cours magistral, mais devrait naturellement aller au delà des points de vue couverts dans ce cours. Il est même tout à fait envisageable et souhaitable qu'il soit transversal à plusieurs séances du cours. Il est toutefois recommandé d'éviter des sujets trop larges qui risqueraient de déboucher sur une réflexion trop générale, ou des sujets trop précis qui colleraient de trop près au contenu d'un des cours. Pour éviter que les étudiant/es ne se lancent dans des notes mal calibrées, il est prévu que le choix se fasse en concertation étroite avec l'assistante d'enseignement, Julie Blanck. 3. La fiche de relecture est une prise de position argumentée. Ce qui est attendu de l'étudiant/e, c'est un effort pour penser par lui-même , sa réflexion prenant appui sur des faits et arguments rigoureusement établis et fondés sur des références précises. La fiche comporte un titre, éventuellement des sous-titres, une introduction et une conclusion. 4. Elle est rédigée en caractère 12, en double interligne et comporte pas plus de 10000 signes espaces non compris (le nombre de signes doit être indiqué en bas de la dernière page). 5. L'attention des étudiant/es est appelée sur l'importance de la forme qui exige un travail d'écriture dont il ne faut pas sous-estimer la durée. La meilleure fiche serait celle dont on se dirait qu'elle est publiable en raison de son intérêt et de sa clarté pour un lectorat large. Il est recommandé de réfléchir au choix du thème dès les premières leçons et de ne pas se précipiter pour en retenir un. 6. La fiche de relecture est un exercice exigeant qui suppose un apprentissage : il est donc recommandé de s'y essayer en cours de semestre. Une fois le thème choisi, la meilleure méthode est d'écrire sans trop penser au nombre de signes puis de réduire en élaguant pour atteindre le format exigé. L'expérience montre qu'un tel exercice donne encore plus de force aux idées. 7. La fiche de relecture sera remise le jour du dernier cours, envoyée en format Word ou PDF à l'enseignant et à l'assistante d'enseignement, par le biais de son adresse Urkund. 8. L'attention des étudiant/es est tout particulièrement attirée sur l'importance de la question du plagiat. Est considéré comme plagiat la reprise de six mots consécutifs d'un texte sans citation appropriée. Un/e étudiant/e coupable de plagiat risque d'avoir un zéro pour le module, et une lettre de blâme qui suivra son dossier scolaire. 9. Une fiche de relecture qui ne respecterait pas les règles du présent cahier des charges ne pourra obtenir la moyenne.

Lectures principales demandées

  • • Beckert J., (1999), Agency, Entrepreneurs, and institutional change. The role of strategic choice and institutionalized practices in organizations, Organization studies, 1999, vol. 20, n° 5, p. 777-799.
  • • Bergeron H., Castel P., Les habits neufs du néo-institutionnalisme, L'Année sociologique, 2015, vol. 65, n° 2, p. 23-61Bezès P., « Le tournant néo-managérial de l'administration française », in Borraz O., Guiraudon V. (dir.), Politiques publiques. Tome I., Paris, Presses de Sciences Po, 2008, p. 215-254.

Plans de cours et bibliographies

  • Séances n°1 et 2 :Introduction générale : l'organisation comme problème, comme objet et comme processus ; description des différentes approches ; thèmes connexes abordés : leadership et digitalisation
  • Séances n°3 à 6 : Coopération, pouvoir et transformation des organisations contemporaines
  • Séance n°7 : Rationalité, décision et organisation : comment se prennent les décisions au sein des organisations
  • Séances n°8 : CAS n° 1
  • Séance n°9 : QCM ; la question de l'éthique au prisme de la sociologie des organisations
  • Séance n°10 : CAS n° 2
  • Séance n°11 : Intervention d'un consultant en organisation
  • Séance n°12 :Champs, institutions et changement : comment se transforment et sont transformées les organisations.

Bibliographie

  • Beckert J., (1999), Agency, Entrepreneurs, and institutional change. The role of strategic choice and institutionalized practices in organizations, Organization studies, 1999, vol. 20, n° 5, p. 777-799.
  • Bergeron H., Castel P., Les habits neufs du néo-institutionnalisme, L'Année sociologique, 2015, vol. 65, n° 2, p. 23-61Bezès P., « Le tournant néo-managérial de l'administration française », in Borraz O., Guiraudon V. (dir.), Politiques publiques. Tome I., Paris, Presses de Sciences Po, 2008, p. 215-254.
  • Bezès P., (2009), Réinventer l'État. Les réformes de l'administration française (1962-2008), Paris, PUF, 2009.
  • Castel, P. & E. Friedberg (2009) 'Institutional change as an interactive process. The Case of the modernization of the French cancer centers', Organization science, published online before print July 21: 1-20.
  • Crozier M. Friedberg E. (1977), L'acteur et le système, Paris, Le Seuil.
  • Crozier, M. & E. Friedberg (1995) 'Organization and Collective Action - Our Contribution to Organizational Analysis', in Bacharach, S.B., P. Gagliardi & P. Mundell (eds.), Research in the Sociology of Organizations 13 (Special Issue on Studies of Organizations in the European Tradition), pp. 71-92.
  • Davis, G. F. (2006) 'Mechanisms and the theory of organizations', Journal of Management Inquiry 15 (2): 114-118.
  • Di Maggio P. J. (1988), « Interest and agency in institutional theory », in Zucker L. G. (ed.), Institutional Patterns and Organizations, Cambridge, Ballinger, pp. 3-21.
  • DiMaggio P. J., Powell W. W. (1998), Le néo-institutionnalisme dans l'analyse des organisations, Politix, n° 40, p. 113-154.
  • DiMaggio, P. J. & W. W. Powell (1983) 'The Iron Cage Revisited: Institutional Isomorphism and Collective Rationality in Organizational Fields', American Sociological Review 48: 147-160.
  • DiMaggio, P. J., & W. W. Powell (1991) 'Introduction' in W. W. Powell and P. J. DiMaggio (eds) The New Institutionalism in Organizational Analysis, Chicago: University of Chicago Press, p.1-38.
  • Fligstein N., MacAdam D. (2011), Toward a general theory of strategic action fields, Sociological theory, vol. 29, n° 1, p. 1-26.
  • Friedberg, E. (2000) 'Comment lire les décisions ?', Cultures et conflits 36: 51-64.
  • Friedberg, E. (2009) Nouvelle introduction à la réédition du Phénomène bureaucratique de M. Crozier en langue anglaise, chez Transaction publishers.
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  • Snow, D. A., E. Burke Rocheford, R. D. Benford & S. K. Worden (1986) 'Frame alignment processes, micromobilization, and movement participation', American Sociological Review 51 (1): 464-481.
  • Tolbert P., Zucker L. (1983), Institutional sources of change in the formal structure of organizations: the diffusion of civil servant reform, Administrative Science Quarterly, vol. 28, p. 22-39.