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KEMI 2240 - Des sciences de la nature aux sciences politiques

Type d'enseignement : Séminaire

Semestre : Printemps 2020-2021

Nombre d'heures : 12

Langue d'enseignement : français

Pré-requis

Avoir idéalement suivi la conférence inaugurale du 28 aoÜt 2019.

Descriptif du cours

L'humain se différencie en Afrique entre 4 millions d'années (Ma) et 400 000 ans alors que la biodiversité le fait depuis 4 milliards d'années dans tous les écosystèmes de la Terre, océaniques et continentaux. Bien entendu, il ne saurait question ici de « sortir » l'humain de la biodiversité et de la nature, il en fait partie, mais il s'est si singulièrement comporté depuis 1 million d'années, qu'il est aujourd'hui devenu la plus puissante force évolutive sur notre planète. Les « grandes dates » de l'expression de cette « singularité », tout en demeurant profondément animal, ont été la domestication du feu, il y a plus de 1,5 Ma, en Afrique, puis l'invention de la culture de végétaux et la domestication d'animaux vers 12-8 000 ans, et enfin l'invention de la machine à vapeur et la soif d'énergies fossiles à la fin du XVIIIème siècle. L'invention et l'utilisation de la bombe atomique en 1945 lancera une course « au progrès » frénétique, en accélération constante, doublée d'un « boom » démographique sans précédent puisque nous avons multiplié par 4 le nombre d'individus sur 80 ans. Au début, l'humain n'impacte pas plus son environnement qu'une espèce analogue en masse et taille, opportuniste et très mobile. Les travaux récents sur l'incroyable interrelation entre les microorganismes et les plantes et animaux amènent à penser bien différemment l'évolution biologique et les bases de l'écologie. L'humain s'est installé dans une systématique destruction et pollution des milieux naturels, des disséminations anarchiques d'espèces (la « roulette écologique »), des surexploitations généralisées et, enfin, en toute imprévoyance, une délétère influence sur le changement climatique. Au point qu'aujourd'hui nous en venons à nous questionner, très justement, sur la durabilité de nos pratiques et modes de vie. Cette démographie galopante et surexploitation des ressources, ces gaspillages insensés, ces répartitions iniques des richesses sont réellement et urgemment à prendre en considération et doivent impérativement aboutir à cesser ces pratiques de création de profit en détruisant ou surexploitant la nature et la biodiversité. Ce devrait être la toute priorité de tous les gouvernements. Alors, passer de faber à sapiens doit impliquer le respect, le partage, la tolérance, l'humilité, la prévoyance et de rompre avec la cupidité ! La recherche scientifique est encore plus indispensable dans un tel contexte. Acceptons définitivement que nous sommes dans cette biodiversité, pas à côté, que nous avons besoin des autres, et trouvons les moyens de nous ré-harmoniser avec le vivant….

Enseignants

à définir

Format pédagogique

3 séances de quatre heures chacune, la (1) sur l'inclusion d l'humain dans la diversité biologique, et les raisons actuelles de l'effondrement du vivant, en incluant la question du changement climatique, la (2) sur les diférents écosystèmes, terres et agriculture, forêt, cours d'eau, océan et cryosphère, et les divers types d'exploitaion, la (3) sur les besoins de changement, les actions géopolitiques à mener, les approches économiques et philosophiques, les raisons d'espérer…

Mode de validation

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Charge de travail

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Lectures principales demandées

  • La tragédie de la croissance, Gilbert Rist
  • L'économie symbiotique, Isabelle Delannoy
  • Biodiversité, de l'océan à la cité, Gilles Boeuf
  • Le marché contre l'humanité, Dominique Bourg
  • Cultiver la biodiversité pour transformer l'agriculture, Etienne Hainzelin

Lectures complémentaires demandées

  • Comment les économistes réchauffent le planète, Antonin Pottier
  • L'Homme peut-il s'adapter à lui-même ? Jean-François Toussaint
  • L'homme peut-il accepter ses limites ? Gilles Boeuf
  • La guerre des métaux rares, Guillaume Pitron
  • La biodiversité, La Recherche hors série 32
  • Le climat, La Recherche, hors-série 31